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26 mai 2016

L’Afrique du Sud pris au piège de l’Apartheid économique



Deux décennies après la démolition contrôlée de l’Apartheid politique, l’Afrique du Sud est aux prises avec de nouveaux «combattants de la liberté » qui réclament, cette fois, le démantèlement de l’Apartheid économique. C’est le combat des Economic Freedom Fighters (EFF) de Julius Malema, ancien président de l’aile Jeunesse de l’ANC démis en 2012 pour « indiscipline », et diabolisé à souhait. Cet ancien partisan du président Jacob Zuma s’oppose à lui parce que Zuma, impliqué dans divers scandales, se limite à  « gérer » l’Apartheid économique, au lieu de le réformer. L’a rejoint dans ce combat Zwelinzima Vavi, ancien dirigeant du COSATU (Congrès des syndicats sud-africains), devenu l’un des animateurs du Sommet des travailleurs déçus par l’ANC et ses  filiales installées au pouvoir depuis 1994. Dans un réquisitoire de 2000 mots qu’il a signé après le discours du budget le 4 mai, Vavi accuse Zuma d’avoir “raté une occasion de fixer le public dans les yeux et de lui parler des défis auxquels fait face le pays ».

Une nouvelle fédération syndicale

Il n’a pas adhéré aux EFF de Malema, 3e parti du pays. Il a fait mieux : le Workers’ Summit a lancé le 1er mai une Fédération syndicale qui compte déjà 1,1 million de membres issus de 51 filiales. Sous le slogan « Le temps est venu », la Déclaration est un manifeste anti-capitaliste et anti-néolibérale, pour une Afrique du Sud démocratique, non raciale, non sexiste, socialiste et internationaliste, et d’autogestion ouvrière. «La création de cette centrale est vitale au regard de la crise que vit le pays 22 ans après la percée démocratique du 27 avril 1994 : la vie quotidienne de la classe ouvrière est faite de chômage de masse, de pauvreté, d’inégalité extrême, de racisme, et de corruption généralisée», y lit-on.

Marikana, le Sharpeville de l’ANC
Le massacre de Marikana en 2012 a marqué une rupture pour l’ANC : la police a alors tué 44 mineurs et en a blessés 78 pour réprimer une grève contre la firme Lonmin. Il a été baptisé « le Sharpeville de l’ANC », en référence à la tuerie de 1960 par le régime de l’Apartheid. L’ANC a une majorité absolue mais son pouvoir est contesté par une jeunesse en colère, qui déboulonne les statues d’icônes de l’Apartheid. Elle se rallie aux mots d’ordre de l’EFF et du Workers’ Summit pour la réforme agraire et l’autogestion.
Sur les médias sociaux, le hashtag #ZumaMustFall est devenu viral. Après le coup au Brésil, que signifie cette contestation pour cet autre membre du BRICS ? Quel regard porte l’Empire US/UE/OTAN sur la crise, lui qui tient mordicus à l’Apartheid économique? Questions à suivre.
Jooneed J Khan, journaliste et militant de droits humains

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